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Classé dans Pause K-fé

Sur le web en 2015, il est l’heure du HTML5, de la 3D, des images vectorielles … mais pas seulement : un vétéran fait son retour au cœur de la place : le GIF.
Le GIF (Graphics Interchange Format) né en 1987, est limité à 256 couleurs – ce qui fait peu – mais il compense par un super-pouvoir à la magie indémodable : l’animation.
Il a connu des années glorieuses du temps que le web était jeune, et l’abus des couleurs criardes pas encore trop mal perçu .

Souvenez-vous : les icones animées « rigolotes » sur les sites persos des années 90 ? C’était du GIF.
Les licornes qui clignent des yeux en signature de mails ? C’était du GIF.
Les messages clignotants de bonnes intentions dans les chaînes de mails ? pareil.

Mais le web était jeune, et les internautes aimaient tout ce qui brillait… bref.
Suite à l’overdose mondiale de chatons électroniques au début du XXIème siècle, le GIF s’est retrouvé forma non grata, refoulé dans les recoins honteux de la culture générale électronique.
Il est devenu gravement has been ou très très geek d’utiliser des animations GIF sur un site, voire en signature de messagerie électronique.

Retour en grâce & Pixel Art
D’un commun et silencieux accord comme seul le web en est capable, cette pénitence touche à sa fin.
Il semblerait que suffisamment de pixels aient coulé dans les fibres optiques : on peut de nouveau savourer le charme des palettes de couleurs limitées, et des animations silencieusement pixellisées !
Mais il ne s’agit pas d’un simple plongeon nostalgique dans le passé du web : le GIF a fait son bout de chemin et gagné en maturité.

A présent que la limite des 256 couleurs ne se justifie plus sur nos puissants ordinateurs, smartphones et consoles de jeux,
des artistes s’emparent de cette contrainte pour la sublimer et créer des œuvres au charme unique : on parle de Pixel Art.

Le pixel art doit beaucoup au milieu du graphisme pour jeux vidéos : durant les années 80 puis 90, la limité des 256 couleurs était valable pour les consoles de jeux et ordinateurs, et venait s’ajouter aux faibles résolutions d’écran de l’époque.
Ces contraintes obligeaient les concepteurs de jeux à mettre en oeuvre des trésors d’ingéniosité pour choisir savamment leur palette de couleurs, et parvenir à suggérer en 4×3 pixels un œil au sourcil subtilement expressif… le Pixel Art était né !.. mais ne le savait pas encore.

Alors qu’augmentaient les résolutions et puissances de calcul, ces contraintes ont progressivement disparues, et les jeux les plus reconnus sont aujourd’hui des super productions en full HD et 3D photo-réaliste ( 65 millions de couleurs s’il vous plaît ).
Ce n’est que maintenant que tout cet environnement n’a plus lieu d’être, que le pixel art est enfin reconnu comme un art.